Les projecteurs à images alternées

Les projecteurs à images alternées ont une histoire riche.

Origine

Tout commence en Espagne où Tomás et José María Nicolau Griñó, d'une famille de papetiers, déposent le 25 avril 1931 le brevet 122768 pour un "Aparato para proyectar imágenes animadas" (Appareil de projection d'images animées). Ce brevet ne sera accepé que le 1er juin 1946 ! Faut-il y voir le résulat de la guerre civile espagnole... ?
Le même brevet sera déposé en France le 22 août 1931 (722.138), aux Etats-Unis le 3 février 1932 (1.929.815) et en Grande-Bretagne (388.252) le 25 avril 1932.

Ces brevets initiaux donneront naissance à deux lignées de projecteurs : 

  • à films papier : Nic et ses descendants et cousins
  • à films sur pellicule : Dux Kino, Ciné EGDA, Ciné Sélic, ...

Le NIC

Cet appareil de projection prendra le nom de Nic, en référence à la famille Nicolau. C'est le tout premier projecteur à images alternées. Le texte du brevet, qui pose les bases sur lequelles seront construits tous les projecteurs à images aletrnées, permet de bien en comprendre le mécanisme :

Cet appareil se compose d’une boîte ou châssis sur lequel sont montées les lentilles L et L’, chacune correspondant a un compartiment T de la boîte, de telle manière que la lumière émise par la source de lumière F frappe seulement la lentille L et la lumière venant de la source F' frappe seulement la lentille L'. Un mécanisme à arbre de rotation M fait tourner le cylindre C sur lequel s’enroule la pellicule, ruban d’images, ou film P, suivant les applications. Pendant que tourne le cylindre 0, entraînant la pellicule par exemple, l’obturateur 0 est actionné par le jeu de leviers S et S’ et obture ou libère alternativement les lentilles L et L’. 
L’effet de mouvement des images débitées, tel qu’il est reproduit sur l’écran, est obtenu par le fonctionnement suivant : le ruban d’images P porte une série de figures ou des scènes dessinées ou autrement reproduites, chacune d’elles en deux positions distinctes P0, P0’, P1, P2, p3, P4. Celle P0 correspond à P0’, celle P1 à P1’ celle P2 à P2’, etc. Les images P1 et P2 étant placées comme indiqué en fig. 1 et 2, devant les lentilles L et L’, elles sont illuminées par les sources de lumières F et F’ respectivement. On apercevra donc seulement, sur l’écran, l’image de Pl en obturant l’obturateur correspondant à P2, puis ensuite on apercevra sur l’écran l’image P2 grâce au mouvement de l’obturateur qui se place alternativement sur les lentilles L et L’. Il en résultera pour l’observateur que les images P1 et P2 apparaîtront successivement, en donnant la sensation du mouvement. Pendant que l’obturateur se meut, le ruban passe lentement et les images de P3 et P4 apparaissent, ainsi de suite, pour former des changements de scènes.

Plusieurs brevets espagnols vont apporter des améliorations à ce projecteur.

Le NIC sera fabriqué aussi en France, en Italie, en Allemagne et aux Etats-Unis.

Le Dux Kino MM

Le 4 avril 1935, l'Italien Mario Sassoli dépose en Allemagne le brevet 650.910 pour un Bildwerfer (projecteur). Il s'agit d'utiliser le même principe de film que le Nic, mais en réduisant le volume de l'appareil et surtout en remplaçant  l'obturateur mobile par une roue à secteurs qui allume alternativement une des deux lampes.

En Allemagne, ce projecteur jouet sera fabriqué en 1935 par Markes & Co KG sous le nom de Dux Kino MM. Il évoluera ensuite vers des formes plus modernes.

En France, il sera fabriqué  par EGDA puis par Sélic.